RCH

 
La RCH ou Rectocolite Hémorragique, fait partie aussi des MICI, mais touche cette fois le rectum et tout ou une partie du côlon. C’est une maladie inflammatoire qui évolue là aussi par poussées, entrecoupées de rémissions de plus ou moins longues durées. L’évolution est imprévisible quant à la fréquence et à la gravité des poussées. I] Physiopathologie C’est une maladie plurifactorielle qui associe : * un dérèglement immunologique avec une hyperproduction de cytokines qui auto-entretiennent l’inflammation de la muqueuse digestive * des facteurs génétiques : la prédisposition génétique est moins importante que pour la maladie de Crohn avec moins de 15 % de formes familiales, gènes de susceptibilité mis en évidence * des facteurs d’environnement : l’effet BENEFIQUE du tabagisme, qui retarde l’apparition de la rectocolite hémorragique et accélère les rémissions. La maladie apparaît souvent à l’arrêt du tabagisme. NB : On préconisera tout de même l’arrêt du tabac, mais on pourra recourir au rôle bénéfique des patchs à la nicotine. II] Anatomopathologie La rectocolite hémorragique consiste en des lésions qui atteignent le rectum et parfois tout le côlon, de façon ascendante. Les lésions sont continues et il n’y a pas d’intervalle de muqueuse saine. Le rectum est toujours atteint, mais l’anus n’est pas atteint, et l’iléon ne l’est jamais non plus. La muqueuse apparaît très congestive, elle est délabrée, sanglante. Les lésions sont très superficielles et il n’y a pas de sténose, ni de fistules.   III] Clinique 1) Signes digestifs Rectorragie : pouvant être brutale et massive – Diarrhées : glairosanglantes avec des selles liquides – Douleurs abdominales généralement modérées et qui concernent tout l’abdomen   2) Signes généraux Anémie, secondaire à la perte de sang   3) Signes extradigestifs Ils peuvent ou non accompagner les signes digestifs et sont parfois révélateurs de la maladie : – signes ostéoarticulaires : ostéoporose précoce, arthrites très douloureuses invalidantes (gênent le mouvement) touchant les hanches, les genoux, les épaules, les coudes, … – troubles cutanées : dermatose – signes oculaires : kératite (inflammation de la cornée) IV] Paraclinique 1) Examens biologiques Ils sont effectués afin de mettre en évidence un syndrome inflammatoire avec : – une NFS montrant une hyperleucocytose – un examen biochimique montrant une augmentation de la CRP (protéine de l’inflammation) – une recherche des signes d’anémie montrant une baisse du taux d’hémoglobine 2) Examen endoscopique On effectue une coloiléoscopie. V] Evolution L’évolution de la rectocolite hémorragique se fait par poussées successives entrecoupées de rémissions de plus ou moins longues durées. L’évolution est totalement imprévisible quant à la fréquence et à la gravité des poussées. Il y a cependant deux complications à surveiller : * Le mégacôlon toxique : la dilatation de tout le cadre colique entraine une fragilité de la paroi qui peut se perforer et entrainer une péritonite monstrueuse. * La dysplasie : les lésions précancéreuses entrainent un risque de cancer colorectal qui nécessite une surveillance coloscopique systématique tous les deux ans. V] Traitement 1) Mesures hygiéno-diététiques On préconise bien évidemment la substitution du tabagisme par des patchs nicotiniques et un régime adapté lors des poussées. 2) Traitement médicamenteux * Dans les poussées modérées   Anti-inflammatoires (dérivés salicylés) par voie orale ou en lavement. * Dans les poussées modérées à sévères Corticothérapie par voie orale et par voie rectale. * Dans les poussées sévères ou lors d’une corticorésistance Immunosuppresseurs avec une action retardée (au moins 3 mois d’utilisation pour avoir un effet), qui agissent sur le dérèglement immunologique. Ils ont des effets secondaires très importants au niveau du pancréas et de la moelle hématopoïétique en entrainant une pancytopénie. 3) Traitement chirurgical C’est le seul traitement curatif et définitif de la maladie. Il est indiqué lors des risques de complication. Il consiste en une colectomie totale avec anastomose iléorectale.