Hyperuricémies

 

L’hyperuricémie est l’augmentation de l’acide urique dans le sang, qui provient de la dégradation de bases puriques et d’acides nucléiques.

Normalement, cet acide urique est éliminé par le rein sous forme d’urate de sodium.

Cet acide urique est peu soluble dans le liquide physiologique et l’augmentation de sa concentration peut donner lieu à la formation de cristaux au niveau des articulations, provoquant des crises de gouttes, ou au niveau du rein, formant des calculs rénaux.

Dans ces deux cas, les douleurs sont très intenses.

L’uricémie normale se trouve aux alentours de 65 mg/L, toujours un peu plus élevée chez l’homme que chez la femme.

La prise en charge fait l’objet d’une prescription médicamenteuse dans un premier temps, pour dissoudre les cristaux.

La pharmacothérapie est associée à une diétothérapie.

La prise en charge diététique permet de limiter les facteurs favorables à l’augmentation  de l’uricémie et favorise l’élimination normale des urates de sodium.

 

I] Etiologie

– L’hyperuricémie est trois fois plus fréquente dans la population obèse que dans la population en IMC normal.

– L’hyperuricémie fait partie des pathologies pouvant être associées au syndrome métabolique.

Elle peut aussi toucher les sportifs (exercice intensif ponctuel) qui ne savent pas se réhydrater après l’effort. Il y a alors une augmentation du catabolisme azoté avec une production d’acide lactique, éliminé prioritairement par rapport à l’acide urique.

De plus, le besoin d’eau augmente pendant l’effort, entrainant un circuit de déshydratation de l’organisme. Ce dernier augmente la concentration en certains éléments et peut entrainer la précipitation d’acide urique.

 

– Il existe une prédisposition à l’hyperuricémie dans les cas d’insuffisance rénale chez les patients dialysés, et dans certaines hémopathies (dont la leucémie) car la lyse cellulaire très importante associée à la formation de déchets provoque une hyperuricémie s’ils sont mal éliminés.

 

II] Bases du régime

 

Les patients atteints d’uricémie sont généralement en surpoids ou obèses.

Le premier objectif est donc de maintenir ou retrouver un équilibre staturo-pondéral satisfaisant. L’hydratation suffisante afin d’éliminer les déchets est aussi un objectif important de la prise en charge.

 

Dans un deuxième temps, il y aura des mesures concernant les aliments :

– Elimination des aliments purinophores (= contenant de la purine ou de l’acide urique) :

 

Type 

Aliments 

Viandes

– Abats : ris de veau, cervelle, trippes, rognons, foie, langue, cœur …

– Viandes jeunes : coquelets, dindonneau, porcelet, veau, …

– Volaille : pigeon, oie, canard

– Viande séchée

– Gibiers, viandes faisandées

Poissons

– Essentiellement gras et demi-gras : sardine, anguille, anchois, carpe, hareng, cabillaud, haddock (morue), brochet, églefin, …

– Crustacés : coquillages et mollusques, œufs de poisson

Aides culinaires

Fonds de sauce, bouillon de viande, …

Végétaux

Légumes secs

Asperge, champignon

Fromages

Très fermentés

 

Il existe aussi des purines végétales mais elles ne se transforment pas en acide urique.

On les supprimera quand même car elles s’associent à d’autres substances favorisant les lithiases.

 

– Réduction des aliments purinogènes (= contenant des acides aminés entrainant la formation d’acide urique : Serine, Aspartate, Glycocolle, …) :

Il y a beaucoup de glycocolle dans les abats, la gelée, la gélatine, …

On fera donc attention à la qualité et à la quantité des protéines : on proposera des préparations lactées, du blanc d’œuf, des produits céréaliers, etc… afin d’avoir une quantité suffisante de protéines végétales et animales.

 

– Réduction des aliments et situations phlobogènes (= augmentant l’uricémie) :

 

Type 

Explications / Recommandations 

Alcool

Vin blanc ou liquoreux (maximum 1 verre par repas toléré, avec une consommation importante d’eau à côté)

1 L de vin consommé fait augmenter de 40 % l’uricémie.

Lipides

Une alimentation trop riche en lipides ralentit l’élimination rénale de l’acide urique.

On reste donc sur le minimum des recommandations (à fortiori si le sujet est obèse ou en surpoids) : 30-35 % avec une bonne répartition en acides gras.

Alimentation

Type Normal Léger.

Spécificités individuelles

Chez certains sujets, certains aliments peuvent faire augmenter l’uricémie : chocolat, champignons sauvages, …

Situations

Stress, variations rapides de températures extérieurs, périodes de fête, etc…

 

– Cure de diurèse :

On peut aussi proposer une cure de diurèse pour forcer l’élimination rénale, diluer un maximum pour éviter la cristallisation. On choisira alors une eau moyennement minéralisée (Evian, Volvic).

 

– Alcalinisation des urines :

Le pH acide peut faire précipiter l’acide urique, on pourra alors choisir des aliments alcalinisants : certaines eaux, certains aliments dont certains végétaux (agrumes, abricots, carottes et laitages).

 

III] En pratique

 

L’hyperuricémie est une pathologie généralement associée à d’autres.

Il existe donc différentes prises en charge :

 

– S’il y a une crise de goutte isolée aiguë : la priorité est la cure de diurèse, un régime ovolactovégétarien et un traitement médicamenteux pour dissoudre les cristaux.

 

– S’il y a une lithiase : on fera une cure de diurèse, un régime plutôt alcalinisant et un traitement médicamenteux, le tout sous PRESCRPTION MEDICALE (avec un diagnostic confirmé au préalable par une radiographie).

Le risque est que la lithiase soit trop grosse et qu’en essayant de l’éliminer, elle bloque les voies urinaires.

 

– S’il y a d’autres pathologies : une association des prises en charge

En aparté

Les aliments alcalins :

– les légumes (sauf la tomate, l’aubergine, l’oseille et les choux de Bruxelles),

– les amandes, la noix de coco et les noix du Brésil,

– les bananes et les châtaignes,

– les pommes de terre, les topinambours et les patates douces,

– les algues et le chlorure de magnésium,

– les jeunes pousses, les graines et les légumineuses germées,

– l’ail et les herbes aromatiques,

– les huiles vierges de première pression à froid, l’avocat et le jaune d’oeuf cru,

– le sucre intégral et la mélasse.